Une forêt multiséculaire

La forêt d’Halatte, multiséculaire fait désormais partie de ce qu’il est convenu d’appeler le massif des Trois Forêts (Halatte, Ermenonville et Chantilly).
Avec ses « monts », ses hautes futaies de chênes et de hêtres, la forêt d’Halatte est certainement l’une des plus majestueuses des Hauts-de-France. On y trouve des vestiges des époques celtique (dolmens et menhirs) et romaine.
Au Moyen-Âge les moines commencèrent son déboisement. Longtemps la forêt fut partagée entre le roi et différentes seigneuries ecclésiastiques et laïques, avant d’être forêt domaniale après la Révolution française. Les bornes armoriées témoignent encore de ce partage.

Comme les forêts royales et princières, ce massif connu un radical aménagement à la Renaissance et sous l’Ancien Régime pour des commodités de chasse. Ainsi, des perspectives rectilignes ont été percées. Des carrefours en étoile, des croix, des tables et des poteaux furent aménagés.

Poteau du Grand Maître

Poteau du Grand-Maître

Le cerf, roi des animaux

Le gros gibier (chevreuil, biche, sanglier…) particulièrement le cerf est très présent dans le massif. C’est à l’automne, que le brâme se fait entendre. À cette période, les jeunes cerfs sans harde affrontent les plus vieux mâles. L’issue du combat détermine la nouvelle hiérarchie animale et le gagnant devient alors « maître de place » d’une harde pouvant atteindre 30 têtes et gagner ainsi la faveur des biches.
En forêt d’Halatte, la chasse y est pratiquée depuis des siècles et ses amateurs parcourent toujours ses sentiers du 1er octobre au 30 mars de chaque année.
Deux équipages de vénerie y sont actifs : le Rallye Trois Forêts, en tenue bleue, se consacre à la chasse au cerf. Le Rallye Pic’hardy Chantilly, en tenue verte, traque le chevreuil.
Le massif fournit aussi un habitat à d’autres espèces peu répandues à la fois aquatiques et terrestres : la lucarne cerf-volant (plus grand scarabée d’Europe), le triton crêté ou le pic noir.

Cerf © Florent Pervillé
© Florent Pervillé

Par monts et par vaux

Si quelques grandes allées rectilignes structurent le paysage de ce massif, les courbes et les pentes douces rendent le massif sauvage, paisible et bucolique. Trois monts et deux buttes précisent son relief.
Le Mont Pagnotte (222 mètres) est le point culminant du Valois et représente l’un des points les plus élevés de la région parisienne et du département de l’Oise. Sa situation explique pourquoi il a servi d’oppidum aux époques celtique et gallo-romaine.
Le chemin du Mont Calipet (derrière l’église de Pont-Sainte-Maxence) conduit à la colline qui domine la ville. Au sommet, on peut y découvrir les vestiges d’une chapelle (1880) et d’un moulin à vent (1721). Le Mont Alta (140 mètres) se présente comme un plateau, sans sommet entièrement couvert de forêt tandis que la butte d’Aumont (124 mètres) permet des vues sur plusieurs kilomètres. C’est sur la butte Saint-Christophe (185 mètres) que des religieux installèrent  un prieuré.

Riche et diversifié en surface, le massif d’Halatte l’est aussi en sous-sol. Autrefois destiné à la production de verre de Saint-Gobain et des faïences de Creil, le sable dunaire d’Halatte, extrait à Villeneuve-Sur-Verberie, reste une valeur sûre pour l’industrie.

Le Mont Pagnotte

Des plantes par milliers

Le peuplement actuel de la forêt d’Halatte (6 000 hectares dont 4 295 de forêt domaniale) reflète en grande partie l’histoire du massif. Au nord et à l’ouest, comme autour du Mont Pagnotte, dans l’ancien domaine royal, on trouve essentiellement des futaies de chênes et hêtres et quelques taillis sous futaies. Dans la partie sud, où dominaient les seigneuries privées, les peuplements sont constitués surtout de taillis sous futaies. Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, se sont installés des bouquets de hêtres et de chênes, tilleuls, charmes, les résineux n’ayant qu’une place restreinte dans les zones les plus sableuses.La forêt d’Halatte compte 6 arbres remarquables : 2 chênes  âgés de 250 ans environ et 4 châtaigniers (les 4 frères).

Une multitude de plantes et champignons tapisse le sol à toutes les saisons. Ainsi, l’Osmonde royale, la Véronique en épis, la Bruyère cendrée, la belladone, l'anémone fausse renoncule et plusieurs orchidées sauvages peuvent être admirées.
Pas moins de 10 000 espèces de champignons ont été référencées, dont le bolet de Bordeaux, la morille, la trompette de la mort, le pied de mouton, le mousseron. Vous pourrez peut-être y observer le clitocybe odora, l’amanite césar, la pezize sarrazine ou le bolet poivré, l’un des plus petits bolets au monde.

Cèpe

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